Le riz, de la plantation à la récolte: Miroir de la vie des Malgaches ? (Dr Mamitiana Claris Hubert)

Mpanoratra Dr Mamitiana Claris Hubert
Nampiditra hery
Nitsidika 251
Mpanoratra Dr Mamitiana Claris Hubert
Dr MAMITIANA Claris Hubert, Maître de Conférences, Mention Philosophie. Cet article a été présenté dans le cadre des trois journées de célébration du Mois de la langue malgache, organisées en collaboration avec l’Université de Toliara et le Département de langue malgache, en 2023. Université de Toliara.
Pejy 24

Le grain ne choisit pas les transformations qu'il subit. L'être humain, en revanche, peut réfléchir aux contraintes qui s'exercent sur lui et participer à la définition de son avenir.

Il ne doit donc pas être considéré comme une matière passive que l'on pourrait façonner à volonté.

La formation humaine suppose un accompagnement, mais également le respect de l'autonomie.

La maïeutique permet ainsi de reformuler la question centrale de cet article : faut-il nécessairement contraindre l'être humain pour qu'il révèle ses capacités, ou peut-on favoriser son développement en lui offrant les conditions nécessaires à l'exercice de sa liberté ?

Cette interrogation conduit à repenser la relation entre autorité, éducation et autonomie.

8. Le riz et la philosophie politique : entre autorité et liberté

La métaphore du riz peut également servir à interroger les relations politiques à Madagascar.

Dans certaines organisations sociales, l'action collective repose sur des décisions communes, des discussions, des accords et des règles partagées. Dans d'autres situations, l'autorité se manifeste principalement sous la forme d'ordres imposés d'en haut.

L'histoire politique malgache a connu différentes formes d'organisation du pouvoir, de mobilisation collective et de contrainte. Leur évaluation exige un examen historique précis qui dépasse les limites de la présente réflexion.

La question philosophique consiste ici à comprendre pourquoi l'obéissance peut parfois sembler plus facile que la délibération collective.

Lorsqu'une autorité donne un ordre clair, chacun connaît immédiatement la tâche qui lui est assignée. À l'inverse, la discussion collective exige du temps, l'écoute de points de vue différents, la négociation et la recherche de compromis.

La liberté politique est donc exigeante.

Elle demande aux citoyens non seulement de pouvoir choisir, mais également de participer à la définition des règles communes et d'assumer une part de responsabilité dans leur mise en oeuvre.

Une société habituée à attendre les décisions d'une autorité supérieure peut rencontrer des difficultés lorsqu'elle doit organiser elle-même la coopération.

Cependant, cette difficulté ne doit pas être interprétée comme une incapacité naturelle des Malgaches à vivre en démocratie.

251

Hametraka hevitra

Midira aloha
© Eugene Heriniaina - serasera.org 1999 - 2026 - page load 0.0304