Le riz, de la plantation à la récolte: Miroir de la vie des Malgaches ? (Dr Mamitiana Claris Hubert)

Mpanoratra Dr Mamitiana Claris Hubert
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Nitsidika 249
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Dr MAMITIANA Claris Hubert, Maître de Conférences, Mention Philosophie. Cet article a été présenté dans le cadre des trois journées de célébration du Mois de la langue malgache, organisées en collaboration avec l’Université de Toliara et le Département de langue malgache, en 2023. Université de Toliara.
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La participation démocratique dépend aussi de l'éducation civique, de la confiance dans les institutions, de la transparence des décisions, de la possibilité de contester les abus et de l'existence de mécanismes efficaces de responsabilité.

Il faut donc examiner les conditions concrètes qui permettent à la liberté de s'exercer.

La question n'est pas de savoir si les Malgaches sont faits pour obéir ou pour être libres. Elle consiste à déterminer comment les institutions peuvent favoriser l'autonomie, la participation et la responsabilité collective.

8.1. L'ordre imposé et la responsabilité personnelle

L'ordre imposé peut parfois produire une mobilisation rapide. Il ne garantit toutefois ni la compréhension de l'objectif poursuivi ni l'adhésion de ceux qui doivent l'exécuter.

Une personne peut accomplir une tâche parce qu'elle y est obligée, sans comprendre sa finalité ni se sentir responsable de ses conséquences.

À l'inverse, lorsqu'elle comprend le sens d'une action et participe à sa conception, elle peut développer un engagement plus autonome.

Cette distinction est fondamentale en philosophie politique.

L'obéissance n'est pas toujours injustifiée : les règles communes sont nécessaires à la vie collective. Mais une autorité légitime doit pouvoir expliquer ses décisions, respecter les droits des personnes et accepter que ses choix soient examinés.

La liberté ne consiste donc pas à refuser toute règle. Elle consiste notamment à pouvoir participer à la détermination des règles auxquelles on est soumis.

8.2. La démocratie comme apprentissage de la liberté

La démocratie ne se réduit pas à la possibilité de voter. Elle suppose également une culture du dialogue, la reconnaissance de la pluralité des opinions et le respect des institutions.

Elle demande aux citoyens de considérer leurs désaccords comme des éléments normaux de la vie collective plutôt que comme des obstacles à éliminer.

Dans cette perspective, le problème n'est pas de choisir entre l'ordre et le désordre, mais de construire un ordre politique qui permette la liberté.

La métaphore du riz invite ici à réfléchir aux limites de la contrainte.

Une plante peut être soumise à des opérations nécessaires à sa culture, mais un citoyen n'est pas un objet agricole. Il possède une dignité et des droits qui interdisent de le traiter comme une simple matière à transformer.

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