Tolérance, droits humaints et valeurs culturelles à l'ère numérique (Dr Mamitiana Claris Hubert)

Mpanoratra Dr Mamitiana Claris Hubert
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Mpanoratra Dr Mamitiana Claris Hubert
TOLERANCE, DROITS HUMAINS ET VALEURS CULTURELLES A L’ERE NUMERIQUE : PERSPECTIVES PHILOSOPHIQUES ET CAS DE MADAGASCAR. Bonaidi Ahmada, Claris Hubert MAMITIANA, « Tolérance, droits humains et valeurs culturelles à l’ère numérique : perspectives philosophiques et cas de Madagascar », Conférence à l’Université de Tuléar avec l’Ecole Doctorale Lettres, Humanité et Indépendance Culturelle, 13 Décembre 2024.
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Il convient donc de dépasser l'opposition entre tradition et modernité. Le défi consiste plutôt à construire une relation critique entre les ressources culturelles, les principes universels des droits humains et les possibilités offertes par les technologies numériques.

Dans cette perspective, plusieurs priorités se dégagent : développer l'éducation numérique, protéger les personnes vulnérables, renforcer la lutte contre le cyberharcèlement, favoriser la production de contenus culturels locaux et garantir une régulation respectueuse des libertés fondamentales. Ces orientations gagneraient à être accompagnées de recherches empiriques permettant de mieux comprendre les usages numériques à Madagascar et d'évaluer les effets des politiques mises en oeuvre.

La philosophie a un rôle déterminant à jouer dans cette entreprise. Elle permet de questionner les finalités du progrès, de clarifier les principes qui orientent l'action collective et de mettre en évidence les contradictions entre les discours de liberté et les pratiques qui portent atteinte à la dignité humaine.

En définitive, le véritable enjeu n'est ni de préserver la culture en rejetant la technologie ni de promouvoir la modernité au prix de l'effacement des valeurs culturelles. Il consiste à faire du numérique un instrument au service de l'humain, de la liberté et de la solidarité.

À Madagascar, cette ambition pourrait s'appuyer sur une articulation féconde entre les droits humains, l'exigence philosophique de tolérance et les ressources éthiques du fihavanana. Une telle orientation contribuerait à penser un modèle de développement numérique qui ne se limite pas à l'acquisition de nouvelles technologies, mais qui accorde une place centrale à la qualité des relations humaines, à la responsabilité collective et au respect de la dignité de chacun.

La tolérance ne signifie pas l'absence de désaccord ; elle désigne la capacité de vivre avec le désaccord sans renoncer au respect de la personne. Le fihavanana ne signifie pas l'effacement des différences ; il peut rappeler que ces différences s'inscrivent dans un monde partagé. Quant aux technologies numériques, elles ne déterminent pas à elles seules l'avenir des sociétés : leurs effets dépendent également des valeurs, des institutions et des choix humains qui orientent leurs usages.

C'est dans cette articulation entre liberté, responsabilité, dignité et solidarité que peut se dessiner une perspective philosophique pour Madagascar à l'ère numérique.

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