Tolérance, droits humaints et valeurs culturelles à l'ère numérique (Dr Mamitiana Claris Hubert)

Mpanoratra Dr Mamitiana Claris Hubert
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Mpanoratra Dr Mamitiana Claris Hubert
TOLERANCE, DROITS HUMAINS ET VALEURS CULTURELLES A L’ERE NUMERIQUE : PERSPECTIVES PHILOSOPHIQUES ET CAS DE MADAGASCAR. Bonaidi Ahmada, Claris Hubert MAMITIANA, « Tolérance, droits humains et valeurs culturelles à l’ère numérique : perspectives philosophiques et cas de Madagascar », Conférence à l’Université de Tuléar avec l’Ecole Doctorale Lettres, Humanité et Indépendance Culturelle, 13 Décembre 2024.
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Une telle enquête permettrait de préciser les tensions entre les usages numériques et les valeurs culturelles, sans présupposer que les technologies détruisent nécessairement les traditions.

4.3. La souveraineté culturelle à l'ère numérique

La mondialisation numérique accélère la circulation des images, des représentations et des modèles culturels. Cette circulation peut favoriser l'ouverture intellectuelle et la découverte d'autres sociétés, mais elle pose également la question de la transmission des références culturelles locales.

La souveraineté culturelle ne doit pas être comprise comme un refus des influences extérieures. Elle désigne plutôt la capacité d'une société à participer aux échanges mondiaux tout en conservant la possibilité de réfléchir à ses propres valeurs, de transmettre son patrimoine et de choisir les orientations de son développement culturel.

Pour Madagascar, cette ambition pourrait se traduire par le développement de ressources numériques en langue malgache, la valorisation du patrimoine oral et écrit, la numérisation des archives et le soutien à la production de contenus éducatifs adaptés aux réalités locales.

Il serait également important de promouvoir une éducation aux médias qui permette aux citoyens de distinguer les informations fiables des contenus trompeurs et de comprendre les mécanismes de diffusion des messages en ligne.

La préservation de la culture ne peut toutefois justifier la restriction arbitraire de la liberté d'expression ou l'exclusion de personnes dont les opinions diffèrent de celles de la majorité. Une culture vivante se transmet aussi par le débat, la critique et la capacité d'interpréter son héritage dans des conditions nouvelles.

La souveraineté culturelle devrait donc être conçue comme une capacité de choix et de création, plutôt que comme une fermeture à l'égard du monde extérieur.

4.4. Les responsabilités des pouvoirs publics

La protection des droits humains dans l'environnement numérique exige une action coordonnée des pouvoirs publics, des institutions éducatives, des familles, des acteurs économiques et de la société civile.

À Madagascar, plusieurs orientations pourraient être envisagées.

Premièrement, renforcer l'éducation numérique. Les établissements scolaires et universitaires pourraient intégrer davantage de contenus consacrés à la vérification des informations, à la protection des données personnelles, à la prévention du cyberharcèlement et à la responsabilité dans les échanges en ligne.

Deuxièmement, améliorer la protection des personnes vulnérables. Les enfants, les adolescents et les victimes de harcèlement doivent pouvoir accéder à des mécanismes de signalement et à des dispositifs d'accompagnement adaptés.

Troisièmement, garantir une gouvernance numérique respectueuse des droits humains. Les mesures de régulation doivent être claires, proportionnées et soumises à des garanties contre les abus. La lutte contre les contenus illicites ne doit pas devenir un moyen de supprimer arbitrairement les critiques ou les opinions minoritaires.

Quatrièmement, soutenir la création culturelle locale. Les contenus éducatifs, scientifiques et culturels en langue malgache peuvent contribuer à rendre les technologies plus accessibles et à renforcer la transmission du patrimoine.

Cinquièmement, promouvoir une éthique de la responsabilité. Les campagnes de sensibilisation pourraient s'appuyer sur des valeurs telles que le fihavanana, le respect mutuel et la solidarité, tout en rappelant que ces valeurs doivent être conciliées avec les droits fondamentaux de chaque personne.

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