Le riz, de la plantation à la récolte: Miroir de la vie des Malgaches ? (Dr Mamitiana Claris Hubert)

Mpanoratra Dr Mamitiana Claris Hubert
Nampiditra hery
Nitsidika 244
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Dr MAMITIANA Claris Hubert, Maître de Conférences, Mention Philosophie. Cet article a été présenté dans le cadre des trois journées de célébration du Mois de la langue malgache, organisées en collaboration avec l’Université de Toliara et le Département de langue malgache, en 2023. Université de Toliara.
Pejy 28

12. Le riz et la modernisation de l'agriculture

La réflexion sur le riz conduit naturellement à s'interroger sur les méthodes de production.

La riziculture traditionnelle et les techniques agricoles modernes ne doivent pas être opposées de manière absolue. Chacune doit être évaluée en fonction de ses résultats, de ses coûts, de ses conséquences environnementales et de son adaptation aux réalités locales.

L'intensification de la production, la mécanisation, l'amélioration des semences et la gestion de l'eau peuvent offrir des possibilités intéressantes. Elles peuvent également soulever des questions relatives aux coûts, à l'accès aux équipements, à la préservation des sols et à la répartition des bénéfices.

Il serait donc imprudent de considérer que les pratiques traditionnelles sont nécessairement supérieures parce qu'elles sont anciennes, ou que les méthodes modernes sont automatiquement préférables parce qu'elles sont nouvelles.

Une réflexion philosophique sur l'agriculture doit prendre en compte la finalité du progrès.

Produire davantage est un objectif important, mais il faut également se demander au bénéfice de qui cette augmentation s'effectue, dans quelles conditions et avec quelles conséquences pour les populations.

La modernisation devrait contribuer à améliorer la sécurité alimentaire, les conditions de travail et les revenus des producteurs, tout en préservant les ressources naturelles.

La culture peut ainsi constituer une ressource pour l'innovation plutôt qu'un obstacle à celle-ci.

Le défi consiste à développer une agriculture capable de répondre aux besoins contemporains sans rompre inutilement avec les connaissances et les pratiques qui conservent une valeur.

14. Peut-on changer d'aliment de base sans perdre son identité ?

On pourrait imaginer que les Malgaches remplacent progressivement le riz par d'autres aliments, comme le pain, les pâtes, le manioc, la patate douce, le taro ou le maïs.

Certains de ces aliments occupent déjà une place importante dans différentes régions du pays et dans les habitudes de nombreux ménages.

Cependant, le riz conserve une importance particulière dans les représentations alimentaires de nombreuses familles.

La question philosophique est alors la suivante : une transformation des habitudes alimentaires entraîne-t-elle nécessairement une transformation de l'identité culturelle ?

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