Le riz, de la plantation à la récolte: Miroir de la vie des Malgaches ? (Dr Mamitiana Claris Hubert)
Nampiditra hery
Nitsidika 238
Mpanoratra Dr Mamitiana Claris Hubert
1.8. Le battage et le décorticage : la transformation de l'apparence
Après la récolte, le riz est battu afin de séparer les grains des tiges. Il est ensuite séché et décortiqué selon les procédés employés.
Ces opérations modifient son apparence et le rendent progressivement apte à être préparé pour la consommation.
Le battage et le décorticage peuvent symboliquement évoquer le travail de connaissance de soi.
L'individu se présente souvent aux autres à travers une apparence, un statut, une réputation ou une fonction sociale. Pourtant, ces éléments ne suffisent pas à révéler la totalité de ce qu'il est.
La réflexion permet parfois de distinguer l'essentiel de l'accessoire, les convictions personnelles des attentes sociales et les valeurs profondes des habitudes acquises.
Il faut néanmoins se garder d'une conclusion trop rapide : l'apparence n'est pas toujours mensongère et l'intériorité n'est pas automatiquement plus authentique que ce qui se manifeste extérieurement.
L'enjeu consiste plutôt à comprendre que la connaissance de soi exige un travail de discernement.
À l'image du grain qui doit être séparé de son enveloppe, l'individu peut être amené à réexaminer les représentations qu'il entretient de lui-même.
Mais cette transformation ne doit pas être comprise comme une destruction de la personne. Elle peut être envisagée comme une clarification progressive de ses possibilités et de ses choix.
1.9. La cuisson : le passage à une nouvelle forme d'existence
Avant d'être consommé, le riz est généralement lavé, mis dans l'eau et cuit à la chaleur.
La cuisson transforme profondément sa texture et le rend propre à la consommation dans les conditions habituelles de préparation.
Sur le plan symbolique, cette étape évoque les expériences qui modifient durablement une personne.
Certaines rencontres, certaines responsabilités et certaines difficultés peuvent conduire un individu à réviser ses priorités et à développer de nouvelles capacités.
Toutefois, il faut distinguer la transformation de la destruction. Une expérience difficile ne produit pas nécessairement un progrès. Elle peut aussi provoquer l'épuisement, la peur ou la perte de confiance.
La souffrance ne possède donc pas, en elle-même, une valeur éducative automatique.

Hametraka hevitra
Midira aloha