Le riz, de la plantation à la récolte: Miroir de la vie des Malgaches ? (Dr Mamitiana Claris Hubert)

Mpanoratra Dr Mamitiana Claris Hubert
Nampiditra hery
Nitsidika 239
Mpanoratra Dr Mamitiana Claris Hubert
Dr MAMITIANA Claris Hubert, Maître de Conférences, Mention Philosophie. Cet article a été présenté dans le cadre des trois journées de célébration du Mois de la langue malgache, organisées en collaboration avec l’Université de Toliara et le Département de langue malgache, en 2023. Université de Toliara.
Pejy 13

Pour qu'une épreuve contribue à un apprentissage, il faut souvent que l'individu puisse lui donner un sens, bénéficier d'un soutien et disposer de moyens pour reconstruire son existence.

La cuisson du riz fournit une image de la transformation, mais elle ne doit pas servir à justifier la violence exercée sur les êtres humains.

1.10. La mastication : intégrer ce qui nous nourrit

Enfin, le riz est mâché avant d'être avalé. Il est ainsi intégré au processus par lequel le corps transforme les aliments en ressources nécessaires à son fonctionnement.

Cette dernière étape peut être rapprochée de l'assimilation intellectuelle et morale.

Lire un livre ne signifie pas nécessairement comprendre son contenu. Écouter un conseil ne signifie pas automatiquement l'intégrer à sa manière de vivre. Traverser une expérience ne garantit pas que l'on en tirera une leçon.

Il faut souvent un travail intérieur pour transformer une expérience en connaissance et une connaissance en conduite réfléchie.

La mastication symbolise ainsi, de manière imagée, le passage de ce qui est extérieur à ce qui devient une ressource pour soi.

Cette image rappelle que l'expérience humaine ne se limite pas à subir des événements : elle implique aussi de les interpréter, de les comprendre et de décider de la manière dont ils influenceront notre avenir.

2. Les verbes associés au riz : une philosophie du langage

Le parcours du riz est décrit à l'aide de nombreux verbes : trier, tremper, semer, repiquer, sarcler, récolter, attacher, sécher, battre, décortiquer, cuire et mâcher. Plusieurs de ces termes peuvent évoquer, dans d'autres contextes, la contrainte, la transformation ou la souffrance.

Cette proximité lexicale constitue un point de départ intéressant pour une réflexion sur les rapports entre langage, culture et expérience. Le langage ne sert pas seulement à désigner des objets. Il permet également de transposer des expériences d'un domaine à un autre.

Une action agricole peut ainsi fournir une image pour décrire une situation sociale ou un état psychologique.

Cependant, il convient de distinguer le sens littéral d'un mot de ses usages figurés. Un verbe qui décrit une opération agricole n'exprime pas nécessairement une souffrance lorsqu'il est employé dans son contexte propre.

C'est le contexte d'énonciation qui permet de déterminer si le mot possède une connotation négative, positive ou neutre.

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