Le sexe est-il un critère de sagesse ? (Dr Mamitiana Claris Hubert)
Nampiditra hery
Nitsidika 19
Mpanoratra Dr Mamitiana Claris Hubert
Son analyse invite à dépasser l'idée selon laquelle les sociétés auraient simplement imposé le silence sur le sexe. Selon les contextes historiques, les institutions ont aussi multiplié les discours sur la sexualité : discours médicaux, religieux, juridiques, éducatifs et administratifs.
La sexualité apparaît ainsi comme une réalité qui est non seulement vécue, mais également interprétée, classée et réglementée.
Les sociétés définissent des catégories de comportements, distinguent les conduites considérées comme normales de celles qui sont considérées comme déviantes et produisent des discours sur les individus.
Cette perspective permet de comprendre que la sagesse sexuelle n'est jamais totalement indépendante des rapports de pouvoir.
Une personne peut croire qu'elle agit librement alors que ses choix sont profondément influencés par la honte, la pression sociale, les stéréotypes de genre ou la peur du jugement.
Cependant, cette influence ne signifie pas que toute liberté serait illusoire. L'individu peut réfléchir aux normes qu'il a intériorisées et déterminer dans quelle mesure il souhaite les accepter.
8.2. L'usage des plaisirs et la maîtrise de soi
Dans L'Usage des plaisirs, deuxième volume de son Histoire de la sexualité, Foucault étudie notamment la manière dont les Grecs de l'Antiquité pensaient les pratiques sexuelles, la maîtrise de soi et la formation morale du sujet.
Il montre que l'enjeu n'était pas simplement de définir une liste universelle d'actes autorisés ou interdits. Il s'agissait aussi de déterminer comment un individu devait se conduire à l'égard de ses plaisirs afin de construire une certaine relation à lui-même.
Cette perspective est particulièrement pertinente pour notre problématique.
La sagesse pourrait être comprise comme une pratique de soi : une manière de se connaître, d'examiner ses désirs et de donner une cohérence à ses choix.
La question ne serait donc plus seulement : « Ai-je le droit de désirer ? », mais également : « Comment est-ce que je souhaite vivre mon désir ? Quelle place lui accordé-je dans mon existence ? Comment mes choix affectent-ils les autres ? »
La sexualité devient alors un domaine dans lequel l'individu peut exercer son jugement et développer une relation réfléchie à lui-même.
8.3. La liberté ne signifie pas l'absence de toute limite
Une lecture superficielle de la liberté pourrait conduire à penser que tout désir doit pouvoir être satisfait dès lors qu'il est personnel.
Or, la liberté sexuelle ne peut être séparée de celle d'autrui.

Hametraka hevitra
Midira aloha